Témoignage d’une jeune inspectrice de l’action sanitaire et sociale (IASS)

Témoignage d’une jeune inspectrice de l’action sanitaire et sociale (IASS)

20 juin 2018 Article 0

Candy Krief, inspectrice de l’action sanitaire et sociale explique son travail et ses difficultés lors de sa prise de poste en avril 2018 au sein de la DRDJSCS Grand Est.

 

L’envie d’aider chevillée au corps

Après mon bac scientifique en 2012, j’ai décidé de partir à l’université de Bordeaux en Licence de droit et sciences politiques. Aider les autres, participer à construire un « monde plus juste »… j’étais vraiment heureuse d’intégrer ce cursus. Pendant ma troisième année de Licence et après plusieurs « jobs étudiants » et prêts étudiants, je me suis rendu compte que je ne pourrais pas assumer financièrement les années restantes jusqu’au master. J’avais besoin de travailler rapidement afin de rembourser mes prêts.

Toujours avec cette envie d’aider, j’ai décidé de me renseigner sur les possibilités d’entrée dans la fonction publique et les carrières possibles dans le domaine du social. J’ai découvert que les concours de catégories A pouvaient être présentés à partir de la Licence. Bien que la plupart des candidats les passaient à partir du niveau master, j’ai décidé de tenter ma chance.

Le choix d’un métier tourné vers l’engagement

J’ai donc intégré le Centre de Préparation à l’Administration Générale de Sciences Po Bordeaux. Tout en poursuivant, parallèlement, mes activités de bénévole aux Restos du cœur.

En juin 2016, j’ai présenté les écrits du concours d’Inspecteur de l’Action Sanitaire et Sociale puis les oraux en novembre. J’étais vraiment étonnée et en même temps très fière et très heureuse d’être admise dans cette formation qui représentait tellement pour moi.

Après une formation de 15 mois, plusieurs postes nous ont été proposés par les ressources humaines du Ministère. La période qui s’en est suivie, a été très éprouvante et mouvementée. Si je me souviens bien, j’étais classée 27ème sur 40, ce qui ne me rassurait pas énormément. Lorsque mon tour est venu de choisir mon souhait d’affectation, plusieurs options m’intéressaient : un poste de référent inspection/contrôle à Lille en Agence Régionale de Santé (ARS) et un poste de chargée de mission pour la protection des personnes vulnérables à Strasbourg en Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRDJSCS).

J’ai finalement choisi le poste en DRDJSCS parce qu’il me permettait de renouer avec ma formation juridique. De fait, le poste impliquait d’être en contact avec le ministère de la Justice. En tant que chargée de mission pour la protection des personnes vulnérables, je dois étudier au niveau régional les politiques en faveur des personnes protégées (sous tutelle, curatelle, sauvegarde…) afin de faire coïncider au mieux l’offre de prise en charge avec les besoins de ce public particulier.

Ce travail est intéressant car il consiste à se pencher sur ces politiques tant en terme quantitatif que qualitatif et de faire avancer les choses petit à petit.

Ma première prise de poste : dans la peau d’un cadre !

Je suis donc arrivée à la DRDJSCS Grand Est début avril 2018. J’étais assez impressionnée, ce premier poste symbolisant également mon entrée dans le monde du travail. Cependant, ayant à assumer une position de cadre, j’ai essayé de ne rien en montrer.

J’étais également très fière de voir mon nom à l’entrée de mon bureau. Ce même bureau qui était enfin le mien, les fournitures… Mon arrivée était très attendue. J’avais un peu l’impression d’être à Noël à vrai dire !

J’ai pris connaissance des personnes qui composent le pôle Cohésion Sociale ainsi que de mon équipe sur le Budget Opérationnel de Programme (BOP) 304. Je me suis tout de suite bien entendue avec les personnes qui travaillent à la DRDJSCS.

Plusieurs choses me motivaient en arrivant sur ce poste. En effet, ayant fait mon stage de spécialisation sur la même thématique, j’en connaissais les enjeux et les futures grandes échéances dans ce domaine. J’avais, par exemple, hâte de travailler à l’amélioration du Certificat National de Compétence (qui est le certificat que doivent obtenir les mandataires judiciaires à la protection des personnes afin de pouvoir exercer), à accroître la visibilité des services qui pratiquent l’information et le soutien aux tuteurs familiaux ainsi qu’à renforcer la qualité de la prise en charge.

Après plusieurs semaines à observer et comprendre les problématiques spécifiques aux Grand Est sur cette thématique, je me suis rendue compte que le travail à effectuer allait être beaucoup plus important que ce que j’avais m’imaginé. En fin de compte, c’est à « double tranchant ». Tout reste à faire au niveau régional car mon poste était vacant depuis un certain temps. C’est à la fois très motivant car il y a beaucoup de choses à mettre en œuvre. En outre, je bénéficie d’une certaine marge de manœuvre et je peux m’appuyer sur un bon réseau (les responsables du BOP 304 et les services de la justice).

Néanmoins, en sortie d’école, la charge de travail peut parfois être un peu décourageante. En effet, on ne sait pas toujours par où commencer, comment s’organiser, ce que l’on peut faire et ce qui ne sera pas réalisable dans l’immédiat. J’ai l’impression d’être l’architecte de toute une stratégie régionale, ce qui comporte son lot de fierté mais aussi de doutes.

Première expérience, premiers enseignements…

Aujourd’hui j’essaie vraiment de devenir patiente. Il y a tant à faire qu’il serait tentant de vouloir tout faire en même temps mais se disperser n’est pas une option. J’avance petit à petit pour améliorer la protection des personnes vulnérables.

J’ai beaucoup de chance d’avoir une équipe qui m’apporte une grande aide durant ma prise de fonctions. J’ai également reçu un accueil chaleureux des responsables du BOP au niveau départemental. J’essaie au mieux de les inclure dans la construction de cette politique. Cela est très important pour moi (eux aussi ont leurs propres attentes me concernant).  C’est une relation très enrichissante car ils sont très compétents et bienveillants à mon égard.

La formation d’inspecteur m’a permis d’envisager avec plus de facilité ma prise de poste. Cependant je déplore que les domaines du social et du médico-social soient moins explorés que le domaine sanitaire, notamment en ce qui concerne le BOP 304, que j’ai entièrement découvert en stage et lors de ma prise de poste.

Futurs IASS, pas d’inquiétude !

Pour finir, et rassurer les personnes qui seraient actuellement en formation IASS :  ne vous inquiétez pas !

Lors de votre prise de poste, vous ferez forcément de petites erreurs, moi-même j’en fais encore, et j’apprends tous les jours. N’oubliez pas que l’expérience est la somme de ces mêmes erreurs. L’important est de réussir à trouver les personnes ressources qui vous épauleront lors de votre prise de poste, d’avoir un regard bienveillant et d’être à l’écoute afin de comprendre les spécificités de vos futurs territoires.

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