Comment améliorer son circuit de transports sanitaires externes ?

Comment améliorer son circuit de transports sanitaires externes ?

18 juin 2018 Article 1

A la suite d’un audit mené dans un hôpital par Maelle Jary, Jessica Pariente, Nasslie Sabatier et Aurélie Serrano, avec le soutien de Camille Jacquard, vous trouverez dans cet article les principes pistes d’améliorations proposées par l’équipe d’auditeurs.

 

Carte d’identité de l’hôpital audité

204 lits et places

776 salariés

48 000 consultations par an

15 000 séjours par an (MCO + SSR)

32 000 passages aux urgences par an

 

Les transports sanitaires concernés par l’audit sont :

 

les transports primaires : du domicile du patient vers l’établissement. Ils sont pris en charge par l’Assurance maladie.

>les transports secondaires inter-établissements définitifs (de plus de 48h). Ils sont aujourd’hui pris en charge par l’Assurance maladie, mais à partir du 1er octobre 2018, c’est l’établissement qui en supportera le coût.

les transports de retour à domicile prescrits par les médecins du CH. Sauf cas particuliers, ils sont à la charge de l’Assurance maladie.

 

L’établissement a été identifié par l’Assurance maladie comme présentant des marges d’amélioration concernant ses dépenses de transport sanitaire externe. Ce sujet est d’autant plus important que le changement de réglementation sur les transports secondaires définitifs aura un impact sur le volume des dépenses à la charge de l’établissement.

 

La direction du CH a ainsi sollicité EHESP Conseil pour avoir une photographie des circuits de commande de transport par services et proposer des pistes d’amélioration afin de maîtriser les dépenses et accroître la pertinence du transport.

 

Comment mener un audit de transports sanitaires externes ?

Pour une approche type diagnostic quantitatif, l’ANAP a élaboré l’outil Quickeval 2.1 Transports sanitaires. C’est un outil d’auto-évaluation et d’analyse des processus de prescription spécifique aux transports sanitaires. Il génère notamment des graphiques et tendances à partir de bordereaux de collecte d’informations remplis par les services.

 

Pour une approche type diagnostic qualitatif, 32 entretiens ont été menés sur la base d’une grille proposée par l’ANAP. Parmi les entretiens réalisés, 21 l’ont été avec des personnels dans les services de soins, 8 avec des personnels administratifs ou institutionnels, 3 avec des prestataires de transports.

 

Principales recommandations identifiées

 

1) Maîtriser les risques financiers :

  • en adaptant le marché public: le CH a contractualisé avec une société pour les transports inter-établissements provisoires (de moins de 48h). Or, le changement de règlementation modifie le contexte dans lequel le contrat a été passé et représente donc une opportunité pour le renégocier en intégrant les transports qui seront à la charge de l’établissement à compter du 1eroctobre 2018 ;

 

  • en formalisant une Charte du transport sanitaire avec les sociétés, ce qui favorisera le respect des engagements réciproques entre le CH et les transporteurs (garantie du tour de rôle côté CH, pertinence du transport côté transporteurs).

 

2) Améliorer le processus de commande de transports :

  • en déterminant un référent transportsau sein de l’établissement. Il sera en charge de veiller à la centralisation de la commande et d’assurer la qualité du suivi de l’activité;

 

  • en dotant le référent d’un outil informatique performantet adapté au CH. Il s’agirait d’une plateforme de centralisation des commandes, qui présenterait les avantages principaux de tracer les commandes et de garantir le transport le moins onéreux possible ;

 

  • en identifiant un salon de sortie pour optimiser le fonctionnement du nouveau circuit. Le salon faciliterait la gestion des lits en proposant aux patients un espace convivial d’attente tout en permettant la libération de la chambre. Un impact sur un moindre recours aux ambulances de sorties est aussi attendu.

 

3) Penser l’accessibilité du CH dans une dynamique territoriale et une politique de transports urbains ambitieuse :

 

  • en favorisant le recours à d’autres types de transport : transports en commun, à la demande, partagé. Des initiatives existent déjà, notamment portées par la communauté d’agglomération, qu’il pourrait envisager de développer ;

 

  • en procédant à des aménagements architecturaux au sein et en direction du CH pour inciter le recours aux transports personnels (par exemple, redimensionner le parking).

 

4) Porter institutionnellement et de manière pérenne une démarche de sensibilisation/communication :

 

  • en structurant la coordination de la communicationautour d’un référent identifié, avec des missions et une méthodologie de projet dédiées. Des livrables originaux type films pourraient être diffusés en salle d’attente ;

 

  • en nouant des liens privilégiés entre le (futur) référent transport, la direction du CH et le délégué « transports » de la CPAM. Cela pourrait se traduire par des relais réciproques de campagne de sensibilisation, présences aux staffs ;

 

  • en augmentant la visibilité en interne et en externe du projetde maîtrise des dépenses de transports sanitaires. Cela favorisera l’appropriation du projet par les professionnels de l’hôpital et au-delà ;

 

  • en encourageant la communication des dysfonctionnementsdans un but d’amélioration continue de la qualité. Le (futur) référent transport pourrait avoir à charge notamment de traiter les fiches de signalement d’événements indésirables.

 

 

Une réponse

  1. gauthron dit :

    Bonjour,
    Qu’en est-il des transports sanitaires secondaires héliportés ?
    Sont-ils à la charge de l’établissement ou de l’assurance maladie ?

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